1. La restauration de 1938
2. La période Muzerelle
3. Le projet d’Eric Brottier
4. L’engagement des Amis de la Cathédrale
5. Les travaux

La restauration de 1938

En 1914, le grand orgue de la cathédrale de Reims nécessitait déjà une importante restauration.

Durant la Grande Guerre le grand orgue a été soumis pendant 3 ans et demi aux bombardements et, sans être complètement détruit, a beaucoup souffert.

Le chantier de restauration du grand orgue fut particlièrement tardif. L’archevêque de Reims s’en inquièta et en fit part à la direction des beaux-Arts en mai 1936. Ce chantier de restauration devenait urgent car les grandes fêtes d’inauguration des travaux de restauration de la cathédrale étaient déjà fixées pour 1938.

Un cahier des charges était étabi le 26 octobre 1936. Il prévoyait de réutiliser au maximum l’ancienne tuyauterie et le buffet devait garder l’aspect général qu’il avait au XVIIe siècle. Le grand orgue reconstruit par Victor Gonzalez en 1937-38 comprend 87 jeux répartis sur 4 claviers et un pédalier. L’instrument totalise alors 6 742 tuyaux mesurant de 1 cm à 10 mètres.

La restauration a été financée par l’archevêché (200 000 F), l’argent du tronc (378 000 F) et 58 000 F par l’Etat. Soit un total de 636 000 F. Le 9 juillet 1938, le grand orgue de la cathédrale était inauguré par un concert spirituel. Il était à l’époque le quatrième orgue de France, après ceux de Notre-Dame, Saint-Sulpice et Saint-Eustache de Paris.

636 000 F correspond à 336 800 € (2019)

La période Muzerelle

Arsène Muzerelle a été titulaire de l’orgue de la cathédrale de Reims plus de 50 ans de 1947 à 1998. Il disait que l’orgue inauguré en 1938 après sa restauration avait été monté en trois mois et que sa réception officielle avait provoqué les réserves des spécialistes.
Dès 1947, par un courrier adressé au ministère de la culture, il écrivait «  ….un intrument monté dans de telles conditions se doit de faire l’objet d’un relevage complet« .

Mécontent que l’orgue ne soit l’objet d’aucune attention sérieuse de la DRAC (Direction Régionale des Affaires culturelles), il demande au journal local de consacrer un article sur l’état de l’orgue (l’UNION du 26/10/1992).

Le titre « Cathédrale, ton orgue fout le camp ….« . Sous-titre « L’orgue de la cathédrale de Reims a été oublié de l’Etat qui n’assume pas son rôle et laisse se dégrader l’un des plus beaux instruments du pays« .

Dans cet article Arsène Muzerelle indique que l’orgue poursuit sa lente dégradation à tel point que depuis dix ans déjà aucun concert n’a été donné.

Nous pouvez lire l’intégralité de l’article en cliquant sur les vignettes ci-contre.
La dernière phrase de la journaliste est encore d’une grande actualité !

Cet article va-t-il déclencher une réaction de la DRAC ? Quelles décisions seront prises ?

Le projet d’Eric Brottier

La DRAC mettra 14 ans avant de réagir à l’article paru dans le jounal l’UNION du 26 octobre 1992.
Une étude préalable pour la restauration du grand orgue de la cathédrale de Reims est demandée à Eric Brottier le 5 février 2004.

Eric Brottier est ingénieur de formation et a également une formation musicale. Il est organiste et a obtenu une médaille d’or en 1988 au conservatoire de Lille dans la classe de l’organiste Jean Boyer.

Eric Brottier remet son étude préalable à la Direction Régionale des Affaires culturelles (DRAC) de Champagne-Ardenne en février 2008.

L’étude d’Eric Brottier devait être présentée devant la commission nationale des orgues (section orgues historiques).

En effet certaines parties de l’orgue sont classées monuments historiques :
> L’orgue est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 23 juin 1982 pour la tuyauterie d’avant 1938.
> Le buffet du XVIIe siècle et la tribune sont classés au titre des monuments historiques de 1862.

Cette étude fut présentée à la commission nationale des orgues le 16 octobre 2008 et reçue un avis favorable à l’unanimité des membres présents.

Etaient présents à cette commission :

– M. Frédéric Murienne, conservateur régional des monuments historiques, représentant le directeur régional des affaires culturelles de Champagne-Ardenne.
– M. Pierre Méa, organiste et titulaire des Grandes Orgues de la Cathédrale de Reims.

Dans le procès verbal de la commission, sont repris les propos de M. Murielle : « On ne peut que souhaiter la restauration de cet orgue. Cependant, force est de reconnaître que les condtions économiques du moment et les urgences sanitaires sur le bâtiment ne favorisent pas l’engagement d’une dépense évaluée à hauteur de 2 millions d’euros« .

Ces propos prononcés le 16 octobre 2008 ne laissait aucun espoir quand à la réalisation des travaux de restauration du grand orgue.

Craignant que l’orgue ne soit muet pendant les festivités du 800e anniversaire de la cathédrale de Reims en 2011, la DRAC a décidé d’apporter quelques améliorations techniques.

Ces travaux n’ont amené qu’une amélioration partielle, confirmant la nécessité d’une restauration complète de l’instrument.

L’engagement des Amis de la Cathédrale

Suite à un courrier de Pierre Méa organiste titulaire de grandes orgues de la cathédrale de Reims écrit le 21 juin 2012,  le Directeur régional des affaires culturelles de Champagne-Ardenne répond le 25 janvier 2013 qu’il n’est pas possible d’envisager les travaux de restauration mais précise « Je ne désespère pas qu’on puisse à moyen terme, en association avec un mécène privé comme pour l’étage de la grande rose, entreprendre les travaux initialement envisagés ».

Le message est lancé. Les Amis de la Cathédrale décident de s’engager une fois terminé la restauration de la grande rose à laquelle ils participent pour 1 million d’euros.

L’organiste, Pierre Méa, a de plus en plus de difficultés à jouer sur le grand orgue.

La restauration de la grande rose a été inaugurée le 24 juin 2017, Bernard Poret, président de la Société des Amis de la Cathédrale, décide alors d’alerter les rémois de l’état de l’orgue par un article dans le journal l’UNION du 2 septembre 2017.

Cet article déclenche une rencontre au pied de l’orgue le jeudi 5 décembre 2017 entre Jontahan Truillet, conservateur régional des monuments historiques, Pierre Méa, titulaire de l’orgue, et Bernard Poret, Président de la Société des Amis de la Cathédrale.

En conclusion de cette rencontre, Bernard Poret demande à Jonathan Truillet, représentant la DRAC de lancer la consultation des entreprises.  La réponse est claire : nous n’avons pas les fonds.

Pour bien montrer et faire savoir que les Amis de la Cathédrale ont pour projet la restauration du grand orgue, un nouvel article paraissait dans le journal l’UNION le 28 mars 2018.

Les travaux