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Si la réponse peut intéresser le plus grand nombre, nous publierons la question et la réponse.
Un roi a souhaité sur son lit de mort qu’on lui apporte la Sainte Ampoule.
Quel est ce roi ?
La Sainte Ampoule ne sortait de l’abbaye Saint-Remi de Reims que les jours de sacre.

L’abbé de Saint-Rémi, apportait solennellement la Sainte Ampoule dans la cathédrale, à pied d’abord, puis sur une haquenée* blanche, sous un dais porté par quatre moines. Aux quatre coins se tenaient, quatre grands seigneurs dépêchés par le roi, appelés les otages c’est-à-dire les garants car ils juraient de protéger le reliquaire au péril de leur vie. Ils étaient précédés par la communauté monastique, entourés par les vassaux de l’abbaye, appelés les chevaliers de la Sainte Ampoule.

Un peu avant sa mort, Louis XI a souhaité faire venir près de lui la Saint Ampoule. Il convainc le pape qui donna son accord. La précieuse relique quitte Reims le 29 juillet 1483 sous bonne escorte et avec grande solennité. Elle prend la direction de Pléssis-les-Tours. Louis XI décède le 30 août et la Sainte Ampoule reprend rapidement le chemin de Reims.

* Petit cheval ou jument. Autrefois monture d’une femme.

Henri IV et le seul roi, avec Clovis, qui a donné son nom à une rue de Reims. Et pourtant, il n’a pas été sacré à Reims.
Pourquoi ?

A la fin des Guerres de Religion, la ville de Reims était fortement tenu par la Ligue (le parti catholique) et était encore traumatisée par le double assassinat du duc de Guise et du cardinal de Guise survenu les 23 et 24 décembre 1588 sur ordre d’Henri III.

Or le cardinal de Guise était archevêque de Reims et c’est Henri III qui avait reconnu Henri de Navarre comme son héritier, bien qu’il fût protestant. Cela n’était pas acceptable par la Ligue.

Même quand Henri IV eut abjuré le protestantisme en 1593, Reims refusa de lui ouvrir ses portes et il dut aller se faire sacrer à Chartres le 27 février 1594. Ce n’est qu’en 1595, après une absolution prononcée par le pape, qui apaisa les consciences, que Reims fit sa soumission au roi.

Le roi, à la demande des représentants de la population rémoise, ordonna la destruction du château-fort des archevêques-ducs, le château de Porte-Mars, qui se trouvait depuis le XIIe siècle près de la porte Mars. Henri IV faisait d’une pierre deux coups, il éliminait une forteresse qui pouvait menacer l’autorité royale et il donnait satisfaction aux Rémois qui voyaient en cette bâtisse un symbole du pouvoir féodal.

Une Bastille avant la lettre… Cela valait bien une rue.

Réponse de l’historien Patrick Demouy

Un roi sacré dans la cathédrale de Reims est né à Reims

Henri 1er (1008 – 1060) est le premier roi sacré dans la cathédrale de Reims le 14 mai 1027. Depuis son sacre tous les rois de France ont été sacrés dans la cathédrale de Reims, à l’exception de Louis VI sacré à Orléans, d’Henri IV sacré à Chartres et de Louis XVIII (roi de 1815 à 1824) qui ne fut pas sacré.
On notera qu’avant Henri 1er, Louis le Pieux avait été sacré empereur à Reims.

Après le décès de son frère ainé en1025, Henri 1er est sacré roi du vivant de son père le roi Robert II, en 1027, et lui succédera à sa mort en 1031.

Deuxième fils de Robert II et petit-fils d’Hugues Capet, Henri 1er est né à Reims le mardi 4 mai 1008.

Le roi, Henri 1er, est donc né à Reims et fut sacré à Reims.

On a joué la Marseillaise dans la cathédrale de Reims.

Vrai ou faux ?

Le 30 août 1944, jour de la libération de la ville de Reims, le jeune Marc Gentilini âgé de 14 ans, entre dans la cathédrale avec sa mère et son frère, peu de temps après son ouverture, quand soudain les quelques  personnes présentes entendent l’organiste titulaire jouer la Marseillaise.

En 2018, le professeur Marc Gentilini, Président honoraire de l’Académie de Médecine et de la Croix Rouge française, a par un courrier témoigné de sa présence dans la cathédrale de Reims le jour de la libération de Reims et avoir entendu la Marseillaise jouée à l’orgue.

Les Amis de la Cathédrale sont en possession de la lettre de M. Marc Gentilini.

Un archevêque de Reims est devenu Pape.

Vrai ou faux ?

Gerbert d’Aurillac né vers 940, après avoir étudié plusieurs disciplines, devient écolâtre à Reims (maître de l’école monastique). Il est très cultivé et sa réputation dépasse les frontières. Parmi ses élèves, il compte plusieurs futurs souverains, rois de France et empereurs germaniques.

En juin 991, il est nommé archevêque de Reims. Il quittera son poste en 997 pour être nommé quelques temps plus tard archevêque de Ravenne.

Après la mort du pape Grégoire V, Gerbert accède au trône pontifical le 2 avril 999 sous le nom de Sylvestre II. Il est le pape de l’an 1000 (la grande peur de la fin du monde) et décède le 16 novembre 1003.

Aucun autre archevêque de Reims ne deviendra pape.

La tête de la statue de
Sylvestre II à Aurillac

Des rois de France ont été enterrés à Reims

Vrai ou faux ?

La basilique Saint-Remi à l’époque Carolingienne était en passe de devenir une nécropole royale. Carloman, frère de Charlemagne, a régné quelque temps avec lui. Il est mort en 771 et a reposé dans un sarcophage antique dans la basilique Saint-Remi (aujourd’hui les historiens doutent de cette affirmation).
Au Xe siècle, deux rois de France, Louis IV d’Outre-mer décédé en 954 et son fils Lothaire mort en 986, ont été enterrés à Saint-Remi.
Charles V et Hugues Capet ont été enterrés dans la basilique Saint-Denis qui s’est imposée ensuite comme nécropole royale.

Les tombeaux des rois de France enterrés à la basilique Saint-Remi sont connus par des gravures, car ils ont été détruits à la révolution en 1793 pendant la terreur.

On retiendra que trois rois de France ont pu être enterrés à Reims

La tête de Lothaire a été retrouvée
lors des fouilles effectuées dans le sous-sol
de la Basilique Saint-Remi après la Première Guerre mondiale.

Quand sont apparues les fleurs de lys sur le faîtage de la toiture de la cathédrale de Reims ?

Le feu prend dans les combles de la cathédrale le 24 juillet 1481. La toiture est détruite et une première restauration commence.
Pour cette restauration, les rois Charles VIII et Louis XII font des dons sous forme de rentes sur la gabelle.
En signe de reconnaissance de cette générosité, il est décidé de placer des fleurs de lys sur le faîtage de la toiture.

Ainsi les fleurs de lys sont un signe de reconnaissance et non un signe distinctif de la cathédrale des sacres, comme on pourrait le croire.

Les fleurs de lys furent ensuite retirées à la révolution et remises en place lors de la reconstruction après la Grande Guerre, à la demande de John-D. Rockefeller qui a largement financé la reconstruction de la toiture de la cathédrale.

Dorure des trèfles et des fleurs de lys
lors de  la  restauration  de la  toiture
du  chevet  de la cathédrale  en 2017.

L’abbé V. Tourneur dans un ouvrage sur Notre-Dame de Reims paru en 1868 écrit : « Le jour même de l’incendie, des députés furent envoyés par le Chapitre à Louis XI. L’égoïste monarque promit beaucoup et ne donna rien. Il fallut employer à des travaux de préservation provisoire l’argent dont on put disposer. Les vrais restaurateurs de Notre-Dame furent Charles VIII et Louis XII, qui, par des édits cinq fois renouvelés, autorisèrent un prélèvement important sur chaque minot de sel vendu dans toutes les gabelles du royaume. Cet octroi des deniers publics dura 31 ans« .
(Un « minot » équivalait à 52 litres de sel.)

On raconte qu’il y a de l’eau sous la cathédrale.   

Vrai ou faux ?

Des rémois disent qu’il y a de l’eau sous la cathédrale et que l’on peut naviguer en barque. Ceux qui disent cela n’ont jamais été sous la cathédrale et soutiennent leur affirmation par le fait de connaître quelqu’un qui y serait allé..

Cette croyance d’origine rémoise est ancienne et totalement infondée.

Sous la cathédrale, on trouve par exemple les restes du baptistère de Clovis.

On voit sur la façade de la cathédrale un boulet de canon.

Vrai ou faux ?

Lorsque l’on regarde le couronnement de la Vierge sur le gâble du portail central (photo ci-contre), on remarque sous les pieds de la Vierge une boule de plomb. De quoi s’agit-il ?

Cela fait référence à l’apocalypse de Saint Jean, la Vierge illuminée par le soleil, les pieds sur la lune.

Il s’agit donc de la représentation de la lune et non d’un boulet de canon.

Parlant de la réconciliation franco-allemande   à   Reims  le 8   juillet 1962, certains évoquent la célèbre poignée de mains entre  le Général de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer sur le parvis de la cathédrale.

Vrai ou faux ?

Le Chancelier Konrad Adenauer et le Général Charles de Gaulle ont souhaité, pour sceller la réconciliation entre la France et l’Allemagne, assister à une messe pour la paix dans la cathédrale de Reims. C’est d’ailleurs ce que le Général de Gaulle a dit à Mgr  Marty, Archevêque de Reims, à leur accueil sur le seuil de la cathédrale.

Le Général de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenaeur sont arrivés ensemble en voiture à la cathédrale (photo ci-contre). Ils ne se sont absolument pas serré la main sur le parvis de la cathédrale. D’ailleurs aucune photo ne l’atteste.

Ce discours mensonger a pour but d’occulter le fait que les deux hommes ont souhaité sceller la réconciliation de leurs deux pays en priant pour la paix.

Un roi de France est à l’origine d’un jour férié en France.

Vrai ou faux ?

Pendant 22 ans, le roi Louis XIII  tenta de donner naissance à un héritier avec la reine Anne d’Autriche. Il priait beaucoup mais sans résultat.  Finalement il demanda aux chrétiens d’organiser des processions le 15 août  et de prier Notre-Dame afin que sa demande d’héritier soit exaucée.

Après la naissance de son fils Louis Dieudonné, le roi publia un édit déclarant prendre la Vierge comme protectrice et patronne du Royaume. Le 15 août devint alors une fête nationale et un jour férié.

Napoléon, dans le concordat négocié avec le Pape en 1801, fit inscrire le 15 août comme jour chômé. (N’oublions pas que Napoléon est né le 15 août 1769).

L’affirmation est vraie et on peut préciser que le roi Louis XIII a déclaré le 15 août jour férié.

Ci-contre : Portrait de Louis XIII par Philippe de Champaigne

 

On entend souvent dire que la ville de Reims soumise aux bombardements allemands durant les 4 années de la guerre 1914-1918 a été entièrement détruite et qu’il ne restait qu’une centaine de maisons habitables à la fin de la guerre.

Vrai ou faux ?

Reims est une ville largement détruite après les 1 051 jours de bombardements qu’elle a subis pendant la Grande Guerre.
Un recensement effectué début 1919 par les services municipaux indique que sur 13 806 immeubles et maisons existant en 1914, 8 600 habitations, soit 62% du total, se trouvent complètement détruites. Sur 2 244 habitations nécessitant des travaux très importants, la moitié d’entre elles seront finalement détruites pour des raisons de sécurité.
Enfin, 2 012 bâtiments peuvent être utilisés relativement rapidement, moyennant quelques réparations, et 950 maisons sont intactes.

L’idée répandue d’une centaine de maisons habitables à Reims après la Grande Guerre est fausse.

Ci-contre : Ci-contre la rue de Vesle et la place d’Erlon à Reims
à l’issue de la Grande Guerre